Le versement direct de fonds à la garde à l’enfance est essentiel pour l’égalité des sexes au Canada

    Le nouvel incitatif annoncé dans le budget du ministre des Finances Bill Morneau afin que le second parent puisse prendre un congé parental de cinq semaines, à prendre ou à laisser, et assumer sa part de responsabilités pour élever son jeune enfant constitue une bonne politique familiale pour le Canada. Cependant, cette mesure en fait peu pour aider les femmes à entrer sur le marché du travail et aider les familles à joindre les deux bouts. Si le gouvernement Trudeau souhaite véritablement appuyer la classe moyenne et favoriser l’égalité des sexes, comme le soutient son parti, il doit accroître ses investissements directs dans la garde à l’enfance.

    Bien des études et des rapports canadiens montrent que les investissements dans des services de garde de qualité sont les mesures les plus puissantes pour aider les familles à boucler leur budget. De tels investissements seront amortis. Ils ont un effet positif cumulatif sur l’emploi et le salaire des femmes. Et leur effet est encore plus grand pour les familles à faible revenu.

    Une recherche comme celle de Pierre Fortin au Québec montre que le financement direct de la garde d’enfants positionnera beaucoup mieux les femmes pour participer pleinement au marché du travail, ce qui en conséquence stimulera l’économie.

    Les femmes et les parents du Canada savent très bien combien il est difficile de payer les frais de garde des jeunes enfants. Un nouveau rapport du Centre canadien des politiques alternatives qui traite de l’augmentation des frais de garde conclut qu’une famille moyenne ayant de jeunes enfants consacre environ le tiers de ses revenus à ces frais – soit quelque 21 096 $ par an en moyenne dans une ville comme Toronto –, ce qui équivaut au triple des droits de scolarité moyens d’une année à l’université.

    Cette annonce sur le congé parental dans le budget constitue un effort louable pour réduire l’écart entre les sexes, mais elle ne s’occupe pas directement du problème des frais de garde et d’éducation de la petite enfance qui grimpent en flèche. Et elle ne fait rien du tout pour la qualité et l’accessibilité des services de garde. Il est temps pour notre gouvernement d’investir convenablement dans la garde à l’enfance, au profit de tous.

    Don Giesbrecht
    Directeur général
    Fédération canadienne des services de garde à l’enfance
    613-729-5289, p. 220