Carrefour
« Carrefour éthique » est une chronique régulière d’Interaction consacrée à la déontologie dans le domaine de la garde à l’enfance. Nous remercions le comité d’éthique de la Manitoba Child Care Association qui a fourni ici le dilemme.
Principes du Code de déontologie
Principes du code de déontologie
Les praticiennes en services de garde à l’enfance :
1. accordent de la valeur à la santé et au bien-être de tous les enfants;
2. aident les enfants à donner leur plein rendement dans des milieux soigneusement organisés pour répondre à leurs besoins individuels et elles favorisent leur développement social, émotif, physique et cognitif;
3. sont attentives à tous les enfants dans tous les aspects de leur travail;
4. travaillent en collaboration avec les parents, sachant que c’est à eux que revient d’abord et avant tout la responsabilité des soins à donner à leurs enfants et elles les valorisent dans leur rôle auprès d’eux tout en les aidant à exercer leurs responsabilités;
5. travaillent en collaboration avec leurs collègues et avec les autres prestataires de service de la collectivité en vue de concourir au bien-être des enfants et de leur famille;
6. travaillent d’une façon qui rehausse la dignité humain en créant des relations fondées sur la confiance, le souci d’autrui et la coopération, et marquées par le respect de la valeur et de la spécificité de chaque personne;
7. cherchent, de façon continue, à perfectionner leurs connaissances et aptitudes et à approfondir leur connaissance de soi afin d’assurer leur compétence sur le plan professionnel;
8. font preuve d’intégrité dans toutes leurs relations professionnelles.
When a Boy Dresses Up as a Girl
Dilemme
par Monica Lytwyn
Vous êtes éducatrice de la petite enfance et vous travaillez dans une garderie locale. Vos enfants aiment beaucoup d’activités, mais leur préférée est celle des costumes et déguisements. Un après-midi, dans le coin-théâtre, les enfants jouent comme d’habitude. Un des garçons arbore un boa de plumes et une tiare en plus de porter des talons hauts. Sa mère arrive justement au moment où il montre fièrement son costume. Elle vous jette un regard désapprobateur et dit à son fils de se déshabiller car il est l’heure de partir. Vous lui demandez s’il y a un problème. En sortant de la garderie, la mère vous dit : « C’est un petit garçon, vous saurez! »
Que faire?
Vous avez peut-être l’impression que le deuxième principe s’oppose au quatrième. Vous voulez voir cet enfant participer pleinement au jeu, mais vous voulez aussi travailler avec la mère. Étant donné qu’elle refuse que son fils participe aux pièces de théâtre qui comportent des froufrous et des talons hauts, vous êtes confrontée à un dilemme éthique. Vous pensez peut-être aussi que le sixième principe se contredit lui-même, car vous cherchez à rehausser la dignité humaine dans un esprit de collaboration pour l’enfant et la mère. En collaborant avec celle-ci, vous ne pouvez pas collaborer avec l’enfant, et vice versa. Une fois de plus, vous êtes confrontée à un dilemme éthique.
Il est possible d’être d’accord avec les deux énoncés ci-dessus concernant la contradiction de certains principes. Il est aussi possible de s’opposer à l’un ou l’autre des énoncés et d’avoir votre propre opinion sur les principes qui s’opposent. Enfin, il est possible qu’à votre avis, aucun principe ne s’oppose aux autres, auquel cas vous n’êtes pas confrontée à un dilemme éthique.
L’exemple donné représente un dilemme parce qu’au moins deux valeurs (ou principes) se font la concurrence. Pour certaines, le dilemme sera d’ordre éthique; pour d’autres, ça n’en sera pas un. Nous avons toutes des valeurs et des croyances différentes qui nous permettent de décider si un dilemme est éthique. Certaines d’entre nous sont d’accord, d’autres non. L’important, c’est de se rappeler que toutes les situations sont acceptables. Tous les dilemmes éthiques constituent des expériences personnelles. Un dilemme est considéré d’ordre éthique lorsque plusieurs valeurs entrent en conflit.
Nous sommes toutes confrontées à des dilemmes éthiques dans la vie de tous les jours. Parfois, nous nous en rendons compte, mais pas toujours. Quoi qu’il en soit, il est important de pouvoir appliquer un processus à suivre en vue de prendre la meilleure décision.
Il faut d’abord se demander : « Quelle est ma première réaction? Quelles sont mes valeurs et croyances? Certains principes se contredisent-ils? De quelle façon? Quels principes me semblent les plus importants? Qui sont les personnes concernées? Existe-t-il une façon de résoudre le dilemme? » Après cette longue série de questions, il faut finalement se demander : « Ai-je pris la meilleure décision à mes yeux? »
Il est facile de vouloir sauter aux conclusions et de prendre une décision avant d’avoir pensé à tous les aspects d’un dilemme éthique. Il est aussi facile de ménager la chèvre et le chou, et de ne rien faire. Certes, ce sont-là des choix possibles, mais sans suivre le processus indiqué ci-dessus, vous ne saurez pas si ces décisions représentent le meilleur choix dans votre situation.
Essayez. Comparez votre réaction première à votre choix réfléchi. Le résultat est-il le même? Discutez-en avec vos pairs et à l’extérieur du travail. En suivant ce processus pour trouver votre meilleur choix, vous verrez qu’il devient plus facile de prendre d’autres décisions éthiques, et ce, plus rapidement. Vous aurez également la satisfaction d’avoir fait le meilleur choix pour vous-même au bon moment.
Monica Lytwyn est présidente du comité d’éthique de la Manitoba Child Care Association. ©FCSGE 2001
Interaction, Vol. 15, No 3, Automne 2001. P. 10. © CCCF







