Dilemma

When a Parent Requests That Their Child Not Nap

Les intervenantes travaillent avec l’un des groupes les plus vulnérables de la société : les jeunes enfants. La qualité des interactions entre les jeunes enfants et les éducatrices a une grande incidence à long terme sur la vie des enfants. Le degré d’intimité et les risques de préjudice qui existent requièrent donc de la part des intervenantes un engagement ferme aux plus hautes normes en matière d’éthique.

La Fédération canadienne des services de garde à l’enfance (FCSGE) et ses organisations affiliées reconnaissent qu’elles ont la responsabilité d’encourager des pratiques et attitudes éthiques chez les intervenantes. Le code de déontologie de la FCSGE, publié dans Partenaires pour la qualité : Outils pour les intervenantes des divers milieux de garde d’enfants, se fonde sur le code déontologique élaboré par Early Childhood Educators of B.C. et vise à guider les intervenantes tout autant qu’à protéger les enfants et les familles avec lesquelles elles travaillent.

Les principes suivants représentent l’armature du Code :

Principes du code de déontologie
Les praticiennes en services de garde à l’enfance:
1. accordent de la valeur à la santé et au bien-être de tous les enfants;
2. aident les enfants à donner leur plein rendement dans des milieux soigneusement organisés pour répondre à leurs besoins individuels et elles favorisent leur développement social, émotif, physique et cognitif;
3. sont attentives à tous les enfants dans tous les aspects de leur travail;
4. travaillent en collaboration avec les parents, sachant que c’est à eux que revient d’abord et avant tout la responsabilité des soins à donner à leurs enfants et elles les valorisent dans leur rôle auprès d’eux tout en les aidant à exercer leurs responsabilités;
5. travaillent en collaboration avec leurs collègues et avec les autres prestataires de service de la collectivité en vue de concourir au bien-être des enfants et de leur famille;
6. travaillent d’une façon qui rehausse la dignité humaine en créant des relations fondées sur la confiance, le souci d’autrui et la coopération, et marquées par le respect de la valeur et de la spécificité de chaque personne;
7. cherchent, de façon continue, à perfectionner leurs connaissances et aptitudes et à approfondir leur connaissance de soi afin d'assurer leur compétence sur le plan professionnel;
8. font preuve d’intégrité dans toutes leurs relations professionnelles.

Une pratique qui est éthique s’inspire de ces huit principes. Cependant, les dilemmes éthiques peuvent être parfois compliqués à résoudre. Dans des situations difficiles, pensez bien à toutes les conséquences possibles qui découleront de la priorité que vous accorderez à certains principes. En évaluant ces conséquences, vous découvrirez sans doute quel principe doit l’emporter. La solution adoptée devrait être celle qui entraîne le moins de préjudice évitable. Consultez vos collègues pour obtenir des points de vue différents, tout en respectant la confidentialité des personnes concernées. La décision finale reste entre les mains de l’intervenante confrontée au dilemme éthique.

Il y a plusieurs années, la Manitoba Child Care Association (MCCA) a créé un comité de déontologie, reconnaissant ainsi le besoin de diffuser de l’information et de sensibiliser le public à la question de l’éthique dans les milieux de garde. Pendant trois ans, les membres de ce comité ont animé des ateliers sur la prise de décisions éthiques à l’échelle du Manitoba. Ce comité a récemment entrepris la rédaction d’une chronique sur la pratique éthique dans Bridges et a accepté de la partager avec le lectorat national d’Interaction. Le « Carrefour éthique » deviendra donc une chronique régulière dans notre magazine; elle sera consacrée à la question de l’éthique dans le domaine de la garde et sera placée sous la direction de la MCCA.

Le dilemme suivant a été écrit par Debra Mayer et publié dans le numéro de mars 1999 de Bridges. Il a été adapté et repris avec la permission de la MCCA.

Dilemme
La mère d’Aman vous a demandé d’empêcher son fils de quatre ans de dormir dans l’après-midi. Elle dit : « Quand il fait la sieste, il est réveillé jusqu’à 22 h. Comme je dois me lever à 5 h pour aller travailler, je ne dors pas assez ». Comme tous les autres enfants, Aman dort 1 h presque tous les jours. Il a l’air d’avoir besoin de cette sieste pour rester de bonne humeur l’après-midi.

Que faites-vous?
Quelle est votre première réaction? La maman est-elle égoïste parce qu’elle est trop fatiguée le matin? Comment le pauvre Aman s’en sortira-t-il sans faire la sieste? Quel impact sa mauvaise humeur aura-t-elle sur les autres enfants l’après-midi? Quand le personnel prendra-t-il sa pause l’après-midi si les autres parents demandent aussi de ne plus faire faire la sieste à leurs enfants?

Retournez aux principes énumérés ci-dessus. Plusieurs semblent contradictoires. Par exemple :
. Les intervenantes favorisent la santé et le bien-être de tous les enfants.
. Les intervenantes travaillent de concert avec les parents, tout en reconnaissant que le bien-être des enfants repose tout d’abord entre les mains des parents, en faisant grand cas de leur engagement envers les enfants et en les aidant à assumer leurs responsabilités envers ces derniers.
Quel principe prime selon vous? Pourquoi?

Celles qui auront débuté leur cheminement d’ordre éthique savent qu’un code déontologique ne règle pas les problèmes, mais sert plutôt de fondement pour aider à envisager tous les aspects d’une question et à tirer au clair la meilleure décision. Passez bien en revue toutes les conséquences possibles découlant de la priorité que vous aurez accordée à un principe plutôt qu’à un autre. Le fait d’évaluer les conséquences vous permettra sans doute de voir quel principe doit primer. La solution adoptée devrait être celle qui entraîne le moins de préjudice évitable.

Les quatre étapes suivantes vous aideront à choisir une décision acceptable :
. Identifiez toutes les personnes concernées.
. Pensez aux conséquences potentielles pour chacune des parties; p. ex., si maman perd son emploi parce qu’elle ne cesse de s’endormir au bureau.
. Déterminez bien les enjeux pour chaque partie.
. Passez en revue les solutions possibles sans porter de jugement (reportez-vous au code de déontologie pour vous aider à proposer des solutions acceptables).

Si, par exemple, vous arriviez à sevrer lentement Aman, en le réveillant cinq minutes plus tôt jusqu’à ce qu’il fasse une sieste juste assez longue pour ensuite avoir des activités tranquilles. Cela conviendrait-il à la mère et à l’enfant? Et les autres enfants? Vont-ils commencer la maternelle dans quelques mois et devront-ils cesser de faire la sieste? Serait-il possible de faire la sieste plus tôt pour qu’Aman et les autres enfants se sentent fatigués le soir vers 20 h au lieu de 22 h?

Qu’en pensez-vous? Quelle est la meilleure solution selon vous?

Il existe plusieurs façons de résoudre les dilemmes éthiques. Servez-vous des principes du code de déontologie. Discutez avec vos collègues pour approfondir la question. Essayez de réserver quinze minutes lors de votre réunion du personnel. Créez un groupe de discussion électronique. Donnez un devoir sur la question à vos étudiantes. Ce sont là quelques suggestions sur la façon de résoudre des problèmes en gardant les questions d’éthique en tête. © FCSGE 2001.

Il est possible de joindre le comité de déontologie de la MCCA au 364, rue McGregor, Winnipeg (Manitoba) R2W 4X3. Tél. : (204) 586-8587; téléc. : (204) 589-5613. Pour obtenir des exemplaires de Partenaires pour la qualité : Outils pour les intervenantes des divers milieux de garde d’enfants, veuillez communiquer avec la FCSGE.

Interaction, Vol. 14, No 4, Hiver 2001. P. 21-22. © CCCF