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Déjà Vu
par Sandra Griffin
Nous n'arrêterons jamais d'explorer
Mais au terme de notre périple
Nous reviendrons au point de départ
et verrons les choses d'un œil tout neuf.
[traduction] Little Gidding, T.S. Elliot
Je ne sais pas comment vous, vous réagissez, mais j'ai, depuis un certain temps, une impression de déjà vu. Étant dans le domaine depuis plus de 26 ans, j'ai eu amplement l'occasion de lire et d'écrire sur les enjeux de la garde et de l'éducation des enfants en bas âge et de constater qu'une bonne partie des idées de l’heure ne sont pas, à proprement parler, des révélations : bon nombre d'entre nous en parlions déjà il y a un quart de siècle!
Je reprends un communiqué de l'Okanagan Coalition for Child Care qui protestait contre la réduction des heures de formation dans les collègues communautaires il y a plus de 20 ans. Nous y soulignions l'importance des premières années de la vie et la nécessité de confier nos jeunes enfants à des personnes engagées et bien formées, soucieuses de l'importance de ces années formatives.
Je lis aujourd'hui, dans la déclaration faite en 1999 par les divers paliers de gouvernement – fédéral, provincial et territorial – dans le cadre du Plan d’action national pour les enfants, que [traduction] « la qualité de l'attention que reçoit l'enfant au cours de ses premières années d'existence façonne l'émergence de la pensée, de l'apprentissage et les capacités futures. » (p. 2).
Dans le dernier discours du budget fédéral, le ministre des Finances, Paul Martin, déclarait : « En octobre 1999, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des services sociaux ont décidé, de concert avec leurs homologues de la santé, de faire avancer le plus rapidement possible la composante du Programme d’action national pour les enfants ayant trait au développement des jeunes enfants. La prochaine étape du Programme consistera pour le gouvernement fédéral à inviter, comme il l'a fait dans le discours du Trône de 1999, tous les gouvernements à s’entendre d’ici décembre 2000 sur un plan d'action national à l’appui du développement des jeunes enfants. Ce plan établirait des principes, des objectifs et des paramètres financiers dont conviendraient tous les gouvernements afin d’accoître leur sourien aux jeunes enfants. »
Et je ne peux m’empêcher de penser qu'à l'occasion de chacune des élections fédérales des 15 dernières années ou davantage, on retrouve, dans ce dossier, des promesses d'intervention restées lettre morte, quel que soit le parti au pouvoir. Ainsi, recommençons-nous inlassablement à nous organiser au niveau communautaire pour tenter de provoquer quelque chose, convaincus que nous sommes de l'importance de ces premières années. Cela pourrait fort bien devenir navrant...
Pour reprendre les propos d'Elliot, il se peut fort bien que nous nous retrouvions aujourd'hui à l'endroit même où nous avons abouti à plusieurs reprises dans le passé, à la différence près que nous avons entre-temps beaucoup appris. Et ce nouvel acquis ne peut qu'enrichir notre bagage et contribuer à la création et au maintien d’un système d'éducation et de garde d’enfants qui favorise l’épanouissement des enfants et des familles au Canada.
Cela ressort clairement des articles que vous lirez dans ce numéro d'Interaction. Martha Friendly note : « Cette année, nous devons inciter [nos gouvernements] à relever le défi, à puiser dans leur imaginaire et à affermir leur volonté polique afin de faire ce qu'il faut « pour que notre vision devienne réalité ». Je suis tout à fait d’accord.
Sandra Griffin est directrice générale de la FCSGE.
Interaction, Vol. 14, No 2, Été 2000. P. 19-20. © CCCF







