Press Room
Mais à qui appartient ce site au fait? Savoir évaluer les sites
par Z Sonia Worotynec
L’alphabétisation, aux yeux des intervenantes de la petite enfance, est une grande préoccupation. Nous voulons que les enfants (et les familles) soient alphabétisées, c’est-à-dire qu’elles aient les compétences nécessaires pour lire, écrire, communiquer et comprendre efficacement. Mais plus encore, l’alphabétisation, en l’an 2000, comprend aussi les connaissances médiatiques, portant autant sur la télévision que sur la radio, le cinéma et l’Internet.
L’imprimerie a été l’un des événements les plus importants et les plus bouleversants de l’histoire. Nombre de personnes chantent les louanges de l’Internet comme une invention qui bouleversera notre façon de communiquer. Les Canadiens, en particulier les familles canadiennes, n’hésitent pas à « se brancher » les unes avec les autres grâce à l’Internet. L’étude sur l’utilisation de l’Internet à la maison menée par Statistique Canada révèle qu’en 1998, près de la moitié des familles ayant des enfants utilisent l’Internet (Statistique Canada, 1999). Certes, l’Internet peut être utile pour communiquer et trouver toutes sortes d’information, mais il est important de savoir évaluer la valeur potentiel d’un site Web avant d’utiliser la moindre information qu’il offre.
Les intervenantes de la petite enfance sont souvent sollicitées par d’autres professionnels qui interagissent avec les familles, par la main-d’œuvre étudiante et, bien sûr, par les parents qui désirent de l’information. Il arrive que les programmes de développement ou d’éducation de la petite enfance établissent des répertoires de localisateurs URL (ou, plus simplement dit, d’adresses) et les distribuent. Sans conteste, la possibilité d’avoir accès rapidement et facilement à des documents traitant par exemple de l’incontinence chez les enfants, de la dentition ou d’autres préoccupations relatives au rôle parental constituent un atout pour l’éducatrice de la petite enfance qui est pressée. Or, il est important de faire preuve de prudence.
N’importe qui peut créer un site Web; beaucoup de gens le font d’ailleurs. Comment savoir quel site est digne de confiance? Comment distinguer les bonnes sources d’information de celles qui nous font perdre notre temps? Voici trois sources fiables qui abordent ces questions :
http://www.library.dal.ca/ssh/check2.htm
« Checklist for Evaluating Websites »
Les bibliothèques de l’université Dalhousie de Halifax présentent une liste de vérification très utile pour l’évaluation des sites Web. Celle-ci comprend six sections portant sur :
. autorité (à qui appartient le site?)
. finalité (pourquoi le site a-t-il été créé?)
. couverture (à quel point est-il exhaustif?)
. actualité (à quelle fréquence le site est-il mis à jour? prétend-on à tort faire des mises à jour régulières?)
. objectivité (les faits sont-ils présentés de façon partiale ou non?)
. exactitude (l’information est-elle accompagnée de sources? le site est-il lié à une institution?)
http://ayamdigut.yukoncollege.yk.ca/~gdunham/start.html
« What a Site », Yukon College
What a Site a été conçu pour aider les enseignants au niveau collégial à trouver et à évaluer les sites Web à l’intention de leurs étudiants. Dans le cadre d’un atelier virtuel en ligne, vous pouvez élaborer vos propres critères d’évaluation et d’intégration des sites. Ce site présente un regard intéressant sur le Web comme outil d’apprentissage.
http://www.canadian-health-network.ca/html/help/netinfoe.html
« Using Health Information on the Internet »
Le Réseau canadien de la santé, en consultation avec des experts en information sanitaire, a conçu deux listes bilingues claires et facilement lisibles pour évaluer l’information en matière de santé contenue dans l’Internet. Même si la liste porte sur la santé, les principes s’appliquent tout autant à n’importe quel autre site d’information.
La première liste de contrôle offre un guide qui vous aide à trouver les sites Web sur l’information sanitaire les plus fiables. La deuxième liste suggère les points à observer dans les sites de promotion de la santé.
Ces listes de contrôle font appel à des critères semblables à ceux que l’on retrouve dans d’autres sites Web d’évaluation, mais elles abordent d’autres questions importantes portant sur la convivialité des sites. Combien de temps faut-il compter avant qu’une page ne s’affiche? Les polices et couleurs de fond sont-elles faciles à lire ou plutôt tape-à-l’œil? Trop souvent, les webmestres ajoutent des objets animés ou clignotants pour pallier le manque d’information concrète et utile. Or, sur les ordinateurs moins rapides, ces fantaisies prennent énormément de temps à télécharger, ce qui pousse les internautes à quitter le site avant de voir ce qu’ils pourraient y trouver d’intéressant.
Bonne navigation.
Message de Z Sonia Worotynec aux lectrices d’Interaction : Vous venez de lire ma dernière chronique « À l’affût du Web ». Je désire remercier toutes les personnes qui m’ont fait parvenir des demandes et des suggestions par courriel. J’ai aimé discuté dans le cyberespace avec des intervenantes de la petite enfance à travers le Canada. Pendant ce temps, j’ai appris que devant la croissance de l’Internet, la qualité des sites Web ne représente qu’une des préoccupations. Une autre question critique pour la population canadienne est l’accès à l’Internet. Les collectivités nordiques, rurales et isolées sont confrontées à des obstacles, tout comme les francophones, Autochtones et Néo-Canadiens. J’espère que « À l’affût du Web » continuera de servir de ressource offrant des « webliographies » sur les intérêts très divers des acteurs dans le domaine des soins et de l’éducation de la petite enfance (parents, intervenantes, éducatrices, universitaires, chercheurs, décideurs, politiques, politiciens, chefs d’entreprise et leaders communautaires).
Interaction, Vol. 14, No 1, Printemps 2000. P. 15. © CCCF







